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  • Attentat de Trappes et de La Verrière : le CRAN se constituera partie civile

    Attentat de Trappes et de La Verrière : le CRAN se constituera partie civile

    Communiqué de presse — Paris, le 25 octobre 2026

    Un homme est mort. Pengo Bossio Wangi, 26 ans, a été tué vendredi 23 octobre, à Trappes, par un homme qui tirait en rafales depuis sa voiture avec un pistolet-mitrailleur de la Seconde Guerre mondiale. À Trappes puis à La Verrière, cinq personnes ont été blessées, dont une enfant de douze ans, touchée de huit balles.

    Le tireur présumé a déclaré aux enquêteurs avoir voulu « venger les commerçants » pillés le 17 octobre, en visant les Noirs et les Arabes. Son appartement avait été piégé. Un exemplaire de Mein Kampf y aurait été retrouvé. Selon une connaissance, interrogée par RMC, il « ne cachait pas ses opinions politiques » et votait « à l’extrême droite ».

    Le CRAN exprime sa solidarité aux victimes et à leurs proches. Avec leur accord, il se constituera partie civile à leurs côtés.

    Le Parquet national antiterroriste est saisi des chefs d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, aggravé par le mobile raciste, et d’association de malfaiteurs terroriste. Le CRAN veillera à ce que ces qualifications soient maintenues jusqu’au bout et débattues devant une cour d’assises spécialement composée. Une observation psychiatrique est en cours. Elle dira ce qu’elle a à dire, mais ne devra pas effacer un mobile revendiqué.

    Ce crime n’est pas survenu dans le vide.

    Trappes est désignée depuis des années. « Une ville musulmane », « régie par la loi islamique » (Éric Zemmour, 2021). Un « Trappistan » (Ivan Rioufol, 2021). « Une République islamique en miniature, la capitale européenne du djihad » (Jordan Bardella, 2022).

    Après le 17 octobre, la porte-parole du gouvernement a parlé de « racailles » et de « ce type de population-là ». Plusieurs responsables politiques ont lié ces violences à l’immigration. Sur LCI, Éric Zemmour a décrit « une horde de barbares maghrébins et africains ».

    Six jours plus tard, un homme prend une arme pour « venger » les commerçants. Il choisit Trappes, la veille d’une nouvelle journée de mobilisation.

    Le CRAN ne désigne personne. Il demande que l’on cherche.

    En appel, la justice a jugé cette année qu’une campagne de haine pouvait « préparer » un acte terroriste, sans contact avec celui qui tient l’arme. Cette décision fait l’objet d’un pourvoi. Si elle est confirmée, elle devra valoir pour tous. Le CRAN sollicitera du juge d’instruction les actes nécessaires pour établir ce qui a nourri ce passage à l’acte, et si d’autres l’ont préparé, encouragé ou inspiré.

    Une règle qui ne vaut que dans un sens n’est pas une règle. C’est une préférence.

    Le racisme tue en France. Une réponse judiciaire qui ne serait pas à la hauteur serait entendue comme une permission de tuer. Le CRAN ne l’acceptera pas.


    Nassurdine Haidari
    Président du CRAN

    Seydi Ba · Théodore Jean-Baptiste · Joanes Louis
    Avocats du CRAN